Episode 1 : Arrivée et premiers contacts avec la vie Camerounaise

Première publication sur ce blog, nous nous connectons du restaurant Tchop et Yamo, pour l’instant le seul endroit où nous avons un accès Wifi.

Nous sommes ici depuis seulement 3 jours, mais déjà nous commençons a nous habituer à la vie camerounaise.

Le voyage pour Yaoundé a duré 13h pour nous (Coleen et Tanguy), avec une petite escale à Istanbul et une dégustation de Lokoums à l’aéroport. Ysé, quant à elle, s’est arrêtée en Centrafrique et est arrivée 1h plus tôt. Nous l’avons trouvée dans l’appartement. L’air un peu effrayé et surprise après avoir constaté l’existence de souris mortes et un état sanitaire assez rudimentaire, elle nous ouvre la porte. On découvre les lieux… Nous entrons dans une grande salle, vide, l’humidité a marqué les murs et le sol est sale. Nous n’avons qu’une seule envie : dormir, mais avant cela il nous a fallu trouver un stratagème pour pouvoir nous allonger sur le matelas sans faire tomber la moitié des lattes. Après une lutte acharnée, nous sommes parvenues à tout stabiliser grâce à des taies d’oreiller, des draps et surtout beaucoup d’inventivité.

 

Nous occupons notre samedi et dimanche à rendre l’appartement vivable en cherchant à obtenir une gazinière, des couverts, d’autres lattes pour le lit, en faisant un grand ménage de toutes les pièces et en visitant Tchop et Yamo. Un restaurant qui diffuse h24 de la musique africaine qui fait bouger et qui a une décoration africaine, présentant différents mots rappelant proverbes, ethnies et plats traditionnels sur les murs ainsi que des photos de personnalités ou personnages historiques africains. Nous nous baladons aussi quelques heures à Bastos avec Bienvenu, en visitant le local, le quartier des expatriés et des ambassades, en face du Mont Fébé pour rentrer regarder le match de l’Euro…

 

Le lundi, nous nous levons vers 7h30, après avoir été réveillés plusieurs fois par les débats violents et de haute voix des employés de la production et la musique dansante, pour aller voir les enfants de l’association. Nous nous attendions à rencontrer 24 enfants… Nous découvrons finalement 6 enfants : Zara, Lucie, Abraham, Junior, Awalou, Renaud ainsi que Alonzo, frère de Lucie de 21 ans. Si quelques-uns sont difficiles à canaliser dès ce premier jour, ce qui nous fait prendre conscience que ces prochains jours vont être difficiles surtout puisque nous sommes que 3 étudiants, tous les enfants sont adorables, touchants et drôles : nous avons hâte d’apprendre davantage à les connaître et d’organiser des activités avec eux !  

A bientôt pour de nouvelles aventures (quand nous aurons du temps et de la Wifi, deux ressources rares ici…)

Excursion à Foumbam, capitale du royaume Bamoum, ou comment passer le 14 Juillet bien loin du territoire national

Notre stage à Tchop et Yamo et à Route 66 étant désormais terminé, nous avons pu quitter Yaoundé ces derniers jours, et découvrir une autre partie du Cameroun.

Le voyage en minibus, long de six heures, nous a permis de voir des paysages ruraux bien différents de la capitale. On se rend compte par nous même de la pertinence du surnom du Cameroun : « L’Afrique en miniature ».

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Arrivés lundi soir sur place, nous passons toute la journée du mardi dans la ville, avec un programme bien chargé.

Nous visitons d’abord le palais du sultan Bamoum et son musée. Ce royaume, situé aujourd’hui dans la région de l’ouest de la République du Cameroun, a été fondé au 14ème siècle par Nchare Yen. Sept siècles plus tard, en 1992, Nbombo Njoya devient le 19ème sultan. S’il a aujourd’hui perdu son pouvoir régalien, il dispose toujours d’une autorité traditionnelle importante (reconnue) dans tout le pays.

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Les emblèmes du royaume de Foumbam sont au nombre de trois. Le serpent à deux têtes symbolise la victoire de ce peuple lors d’une attaque menée sur deux fronts par un royaume ennemi. L’araignée symbolise le travail, et la double-cloche, la royauté. Le nouveau musée en cours de construction prend la forme de ces emblèmes.

Notre guide s’avère être le descendant direct du père spirituel de Njoya Ibrahim, fondateur du palais en 1917. Il nous donne de nombreuses explications concernant l’organisation politique du royaume et son évolution récente, le rôle des femmes dans l’exercice du pouvoir, les règles d’intronisation, de passation de pouvoir, au destin des criminels dans le royaume…

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Nous partons ensuite voir la grande mosquée de Foumbam. Nous avons la chance de monter en haut du minaret, d’où nous avons un très beau panorama de l’ensemble de la région

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Après un tour à la fonderie et aux marchés des arts, nous faisons un tour au marché local, puis rentrons faire un point sur cette journée riche en découvertes. Le voyage du retour de nuit est effrayant, entre les nids de poule disséminés pris à 90km/h et les contrôles policiers portant des kalachnikov en bandoulière, mais on arrive à Yaoundé sains et saufs.

Prochaine étape : KRIBI !

Dernier moment avec les enfants

Vendredi était une journée pleine d’émotions !

Elisa, Ilytie, Julie et Laura ont retrouvé les enfants au local une dernière fois. Raïssa, la responsable d’Educ’actions pour l’Afrique, était présente. C’est elle qui a organisé la session de ménage que les enfants ont tous suivis sans broncher. Les quatre semaines de soutien étaient intenses, nous n’avions alors pas trouvé l’énergie pour amener le balai et ramasser la poussière.

Entre temps Lazare, Ruben, Thibaud et Valentin sont partis à la boulangerie, entassés dans un taxi avec quelques enfants, afin d’acheter des beignets au sucre. Aujourd’hui est un jour de fête, il faut manger autre chose que les traditionnels sandwichs préparés au carrefour d’à côté !

Une fois la classe rangée et les beignets achetés, nous nous sommes tous dirigés vers le bois Sainte Anastasie. Auparavant la majorité des enfants avait demandé à y aller : c’est beaucoup plus sympathique comme cadre d’adieux que le local de l’école.

Le bois est le seul parc de la ville, situé dans le bas de Yaoundé à côté du quartier de La Briqueterie ; il nous a été décrit par les enfants comme un endroit fabuleux dans lequel on peut pique-niquer, se promener sur des ponts au-dessus de cours d’eaux, au milieu d’arbres et arbustes taillés. En effet c’est un bel environnement, mais très différent de nos parcs français.

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Tout le groupe a formé une grande ronde, et Marie-Noëlle a distribué les beignets. Pendant ce temps, nous avons donné un cadeau à chaque enfant. Ils sont venus les chercher chacun leur tour car chaque cadeau a une signification particulière pour un enfant. Ils étaient ravis et nous étions contents de partager ce moment avec eux, après 4 semaines difficiles durant lesquelles certains nous testaient.

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Après avoir mangé, des groupes se sont formés. Quelques enfants ont joué au Uno, d’autres aux raquettes, d’autres ont été voir la mare aux têtards. Le temps s’écoulait tranquillement, mais nous avons fini par nous regrouper pour prendre une photo ensemble, la dernière du groupe entier.

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Finalement, l’orage montait et l’heure tournait, nous devions nous rendre à Tchop et Yamo pour notre dernière soirée de travail.

Les adieux avec les enfants ont été émouvants. Certains pleuraient, tous étaient émus, nous les premiers. Nous nous sommes entassés dans un taxi et nous sommes partis.

Troisième virée connectée, ou pourquoi est-ce que parfois, on a vraiment envie de vacances.

Ca y est. Nous avons pris le rythme. Après les débuts toujours difficiles, les journées s’enchaînent.

Cet après-midi, après avoir passé une fin de matinée agitée avec les enfants, nous sommes allés visiter quelques familles dans le quartier de La Briqueterie, le quartier musulman de Yaoundé, nous rappelant à notre devoir de publication.

 

Petit retour sur Educ’actions.

Comme nous l’avions indiqué dans le premier article, tous les matins de 9 heures à 13 heures, nous encadrons les 25 enfants qui nous sont confiés par l’association dans une salle prêtée par l’école maternelle privée de Saint Vincent dans le quartier de Nkol Eton . Alliant sport, session de mathématiques, français, anglais, espagnol ou pratiques artistiques, nous organisons 4 ateliers de 30 minutes chacun en tentant du mieux que nous le pouvons de rendre notre présence utile pour leur scolarité et leur vie d’enfant. Dès le départ, nous avons réussi à prendre ce rythme que nous n’avons depuis lors jamais modifié.

Alors que certains travaillent consciencieusement à combler leurs difficultés en mathématiques ou conjugaison, d’autres dévoilent leur talent au basket, au dessin ou encore à mettre le désordre dans les rangs de nos « chers amis » comme les camerounais aiment à s’appeler entre eux.

Mais les cours de soutien ne sont pas nos seules missions. Nous avons la tâche toute aussi ardue d’aller chercher les sandwichs au coin de la rue qui sont tout aussitôt dévorés par ces fripouilles en herbe ou plus expérimentées.

Plus sérieusement, Educ’actions pour l’Afrique opère un réel suivi des enfants. Certains sont suivis par l’association depuis leur plus tendre enfance tel que Renaud qui fait parti de l’association depuis ses deux ans et qui rêvent d’amener son frère de un an au local. Chaque année, une visite aux familles est effectuée pour comprendre l’impact de l’association sur la vie des familles, pour renseigner les parents sur l’attitude et l’intérêt de l’association, mais aussi pour donner un aperçu complet de la situation familiale des enfants.

 

Focus sur notre après-midi.

Et c’est ce que nous effectuâmes aujourd’hui avec entrain. Pour la deuxième fois depuis le début de l’aventure, nous voilà embarqués à l’intérieur du labyrinthe de rues et de maisons de la Brique. Comme 80% des rues de Yaoundé, celles qui nous mènent chez les familles sont en terre, la belle terre rouge de Yaoundé. Les maisons quant à elles sont faites de brique de terre et de morceaux de tôle. Bien sûr, notre déambulation ne passe pas inaperçue.

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Les problèmes familiaux sont récurrents, dans la plupart des cas les enfants ne connaissent pas leur père, ou bien ne vivent pas avec eux.

Il est finalement bien difficile de résumer en un article l’expérience que nous avons vécue cet après-midi et depuis le dernier article ; mais il est évident que cela nous permettra d’appréhender différemment les enfants. Leur vie est différente de la notre, leur développement suit donc un autre chemin. À nous d’essayer nous y adapter lors des séances avec eux.

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Deuxième tour sur la toile, ou comment huit stagiaires sans frontières ont vécu 10 jours au Cameroun sans donner de nouvelles !

Comment résumer 10 jours de notre aventure ? Dans le dernier article, nous nous étions focalisés principalement sur l’association et les premières rencontres que nous avions faites à notre arrivée dans la « ville au sept collines » comme est surnommée Yaoundé.   Il est grand temps maintenant d’aborder bien d’autres sujets qui font parties intégrantes de cette incroyable aventure.

 

Tchop et Yamo, mange et apprécie…

Tchop et Yamo est le restaurant dans lequel six d’entre nous font leur stage pour quatre semaines. Deuxième facette de notre aventure, le stage dans ce fastfood qui a la volonté de ne servir que des produits camerounais comme le fameux BHB (beignet-haricots-bouillie) ou encore les frites de plantain, représente pour nous encore tout un univers.

Tous les soirs sauf les lundis et mardis, nous partons avec nos superbes t-shirt rouges et bancs intitulés « j’aime le ndogmangolo », le premier sandwich camerounais, en direction de Tsinga, le quartier dans lequel se trouve Tchop et Yamo. Entrés à 6 (et parfois 8) dans notre taxi jaune conduis par Pascal, le chauffeur qui nous accompagne pour les trajets jusqu’à Tchop, les équipes de serveurs et cuisiniers du restaurants nous accueillent avec de grands sourires. On compte parmi eux Quinta, Lolita et Christine, les trois managers, Eric, Bertrand, Bruno mais aussi Geraldine, Aziz, le caissier, ou Zouleya. Ils forment deux équipes qui travaillent un jour sur deux en alternance, de 6 heures à 23 heures.

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Répartis en deux équipes de trois, nous avons le sentiment de donner un réel coup de main, tant en cuisine qu’en salle. Tandis que certains servent les clients plus ou moins intrigués par notre présence, les autres s’essaient à la fameuse technique du lancer de beignet, à la confection des salades et depuis peu, au passage en caisse.

 

… et Route 66 pour les fêtards.

    Du côté de Route 66, deux des stagiaires y travaillent comme de vraies serveuses professionnelles. Elles arrivent habillées chiquement à 17h pour répondre aux attentes des clients dans la nuit, toujours en mouvement, de Yaoundé. Il s’agit de ne pas perdre le fil entre la table de billard, les verres à servir et les plats à apporter. Dans l’ambiance festive du bar, motivés par la musique diffusée en continu, c’est jusqu’à parfois minuit passé que notre duo prête main forte au bar.

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Malgré la difficulté des longues journées que cet emploi du temps de ministre engendre, les deux stagiaires ne manquent pas de prolonger la nuit par quelques soirées

 

Ce plongeon dans le grand bain du marché du travail camerounais est aussi foudroyant que les douches froides que nous prenons tous les jours dans notre pied-à-terre à Essos, le quartier dans lequel nous habitons. Nous découvrons un monde qui nous était alors inconnu. Les difficultés de la restauration, d’autant plus dans des conditions à la fois différentes et en même temps si proche des conditions européennes nous apparaissent aujourd’hui à ciel ouvert. Mais nous avons aussi la chance de rencontrer des personnes fabuleuses qui nous accompagnent au quotidien.

S’il fallait faire un bilan de mi-parcours ici à Tchop ou à Route 66, au bout de deux semaines de stage, celui-ci serait compliqué. Il faut tout de même dire que nous sommes ici tous les jours étonnés de ce que nous voyons, faisons et entendons. Ainsi, avant de rendre compte en France des recettes que nous apprenons ici, il nous faut vous faire part de la recette de ce grand voyage : un bon morceau de bénévolat et une louche de stage, accompagnés, pour la sauce, une pincée de franche camaraderie dans un bon bol de motivation, sans oublier les demi-verres de fatigue et d’improvisation !

 

Rendez-vous à la prochaine publication !

Première semaine avec les enfants d’Educ’Actions

Cela fait maintenant une dizaine de jours que nous avons atterri à Yaoundé, Cameroun, mais la connexion à Internet a mis du temps à suivre.

Les quelques premiers jours nous ont été nécessaires pour essayer de s’acclimater à la conduite, à la cuisine, et à l’humidité camerounaises.

Nous avons également rencontré deux membres essentiels au fonctionnement de l’association tout au long de l’année : Bienvenu et Raïssa, qui nous aident à nous installer et à découvrir les environs.

Le lundi 15 Juin, nous rencontrons les enfants d’Educ’Actions.

C’est une matinée pendant laquelle nous nous rapprochons d’eux en apprenant prénoms, classe, mais aussi surnoms de chacun et relation de parenté entre eux. Tâche qui risque de prendre encore un peu de temps.

Nous organisons également un défi-quizz pour mieux appréhender l’étendue de leur connaissance, tout en s’amusant !

Depuis, nous voyons les enfants d’Educ’Actions tous les matins de la semaine.

Nous avons divisé les 25 élèves en quatre groupes selon leur niveau scolaire, et nous les faisons tourner sur quatre ateliers différents. Ceux ci varient selon les jours entre mathématiques, français, géographie, dessin, théâtre, chant… Pour maintenir leur attention, le travail est toujours organisé sous forme de jeu !

Par exemple, pour les maths, nous avons construisons un jeu de l’oie : réussir un calcul (multiplication, addiction, simplification de fraction pour les plus âgés) leur permet d’avancer sur le plateau de jeu pour remporter la partie.

Cette façon de faire est nécessaire car la concentration n’est pas au rendez vous chaque matin. Garder l’ordre dans le local s’avère parfois (souvent) difficile.

On comprend bien pourquoi beaucoup sont dans un esprit de vacances ; il n’est pas évident pour eux d’enchainer l’année scolaire qui vient de se terminer avec des séances quotidiennes de soutien scolaire.

Certains sont distraits, se chamaillent ou partent dans d’autres ateliers provoquer leurs camarades. Nous devons notamment faire attention à ce qu’ils ne se sauvent pas dans la cour de récréation pour jouer au football ! D’autres se montrent beaucoup plus intéressés et se concentrent bien lors des exercices.

Tous ont des moments de réflexion et entrent dans une phase d’apprentissage au cours de la matinée.

Après ces six jours déjà tellement riches en émotion, en rires, et en prises de conscience, nous nous considérons bien chanceux d’avoir pu nous lancer dans cette expérience !

Quelques photos de nos séances de soutien de la dernière semaine :

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La rentrée ou l’heure des bilans: Yaoundé, acte final

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EM - P1070983Après deux mois passés ensemble dans la capitale camerounaise, la rentrée a sonné pour les onze stagiaires, mais aussi pour les enfants qui ont repris le chemin de l’école dès la mi-août. Il est donc temps de dresser le bilan de cette expérience estivale !

Avec 2800€ récoltés pour Educ’Actions pour l’Afrique, près d’une cinquantaine de matinées de soutien scolaire, de nombreuses activités mises en place, et plusieurs journées dédiées à la visite des familles, nous avons véritablement l’impression d’avoir été utiles à l’association. Nos missions ne s’arrêtent pourtant pas là, car l’expérience Stagiaires Sans Frontières est une expérience de long-terme. Dès notre retour, nous nous sommes attelés à la rédaction des fiches de suivi des enfants. Celles-ci permettent à l’association de disposer de documents récapitulant les éventuels problèmes de santé ou de famille de chacun des enfants, ainsi que leur niveau scolaire et les progrès effectués durant l’été.

Après avoir déprimé plusieurs semaines devant nos photos de Yaoundé, certains d’entre nous ont gardé un contact téléphonique avec les enfants. C’est toujours avec émotion que nous échangeons avec eux pour qu’ils nous racontent leur rentrée scolaire !

Le projet, qui a été un succès, est bien évidemment reconduit l’an prochain, avec les mêmes entreprises. Stagiaires Sans Frontières prépare d’ores et déjà les projets à venir, et l’équipe du Cameroun est particulièrement bien représentée dans le nouveau bureau de l’association (avec Esther et Ronan en tant que présidents de l’antenne SciencesPo, Pierre, Hubert, Marie-Camille et Léa Momméja aux pôles communication, événements et recrutement, et Laure et Léa Caillouët pour piloter les prochains projets au Cameroun). On vous l’avait dit : nous sommes des étudiants surmotivés !

Stagiaires Sans Frontières souhaite également développer des stages de plus longue durée, dont beaucoup au Cameroun. A l’instar d’Augustin, parti deux mois pour travailler dans le domaine administratif à Tchop et Yamo, une dizaine d’étudiants de master devrait compléter les équipes de l’été prochain.

Vous qui avez suivi notre aventure camerounaise, ne nous perdez-donc pas de vue, car ce beau projet n’est pas terminé !

Yaoundé, acte 12: Mange et Apprécie!

L'intérieur du restaurant de Mvog Bi
L’intérieur du restaurant de Mvog Bi
Tchopetyamo est un restaurant camerounais fondé par Idriss Nguepnang lors de son retour au Cameroun en 2011. Idriss est camerounais, et se décrit en riant « je suis un self-made-man ». Il veut mettre ses compétences au profit de son pays après une brillante carrière eu Europe. Son tempérament volontaire et entreprenant est d’ailleurs fortement ressenti dans l’état d’esprit du restaurant comme dans l’ambition de ses plans pour le restaurant.

La chaîne cherche à promouvoir les valeurs du panafricanisme et la fierté d’être africain. Les produits vendus chez Tchopetyamo veulent rassembler les clients autour de plats fédérateurs et symboliques : le beignet-haricot, produit typiquement camerounais, est particulièrement mis en avant. Le nom même du restaurant promeut l’identité camerounaise. Alors que les auto-écoles de Yaoundé se targuent d’être les auto-écoles « du Japon », « de l’Europe » ou même « de Schengen » ou « de la Haute Savoie » ; « Tchop et Yamo » signifie, en dialecte, « Mange et apprécie ». Le mot d’ordre du restaurant ? « Les moins nantis ont eux aussi le droit à un service de qualité, et les plus nantis n’ont pas à payer cher pour cette qualité ». Un restaurant est un lieu social : il doit aussi être un lieu fédérateur.

Les deux antennes de Yaoundé marchent en binôme. Le magasinier et les équipes de production se chargent d’assurer l’approvisionnement des deux restaurants de Tsinga et de Mvog Bi. Ils contactent les fournisseurs, achètent directement les épices et veillent à ce que les équipes de vente puissent travailler. La production, basée au restaurant de Mvog Bi, prépare les produits avant d’approvisionner les équipes dans les cuisines des deux points de vente. Ceux-ci sont ensuite chargés de servir les clients, dans un cadre aéré qui contraste particulièrement avec le chaos de Yaoundé.

Le restaurant a de grandes ambitions. Après une phase d’apprentissage à Yaoundé, la capitale politique du Cameroun, Tchopetyamo a ouvert une nouvelle antenne – encore plus grande et encore plus ambitieuse – à Douala, la capitale économique du pays. La ville est plus dynamique et plus féconde que Yaoundé et permet de donner au restaurant un socle suffisamment solide pour se lancer dans des projets à l’étranger. Le Gabon, le Rwanda, le Congo ou la RDC : les opportunités ne manquent pas et la motivation est là. Tchopetyamo marche bien ; et ce restaurant pourrait devenir une marque forte et fédératrice de l’Afrique.

Augustin

Yaoundé, acte 11: A vos pinceaux!

Après quelques soucis de site Internet, voici les derniers articles rédigés par notre super équipe en plein mois de juillet : c’est l’occasion de se replonger dans le feu de l’action!

Le mois de juillet n’est pas seulement marqué par l’arrivée d’autres bénévoles, mais aussi par l’organisation d’une nouvelle activité créative pour les enfants : des cours de peinture. Ceux-ci sont assurés par Dieudonné Ndjedouboum, jeune réfugié tchadien qui peint depuis quelques années et expose occasionnellement ses toiles à Yaoundé. Un nouveau rythme a donc été mis en place afin de permettre aux enfants de préparer la rentrée grâce à notre soutien tout en développant leur créativité. Les enfants sont séparés en fonction de leur niveau (primaire ou collège), et passent un jour à la peinture, puis un jour en soutien scolaire.

Les cours ont commencé dès le lundi 7 juillet. La première semaine a été consacrée à l’apprentissage des bases et à l’évaluation du niveau des enfants en dessin, tant au niveau du tracé que de la couleur ou encore de l’imagination. Les premières journées ont été l’occasion de s’exercer sur des feuilles Canson de couleur. Les enfants devaient dessiner dans le cadre d’un thème différent chaque jour (une famille dans la détresse, la joie, la nature…) en s’appropriant la couleur de leur Canson. Puis les plus doués ont pu commencer la peinture en tant que telle tandis que les autres confortaient leurs acquis.

Durant la deuxième semaine, l’activité est devenue plus manuelle et plus coopérative. Tous les enfants travaillent désormais avec des pinceaux et apprennent à obtenir les bonnes couleurs par mélange. Les enfants du collège ont confectionné leurs propres toiles, en clouant du tissu sur un cadre puis en l’enduisant de peinture blanche et de colle à bois pour le durcir. Les élèves de primaire ont ensuite peint des fleurs sur ces toiles, et les collégiens, dans un troisième temps, les ont ornementées. La semaine a également été marquée par un travail de copie de certaines toiles de Dieudonné afin de travailler la précision.

Les enfants semblent apprécier l’activité, et s’y livrent avec calme et application – un calme qu’ils n’ont pas toujours lorsqu’il s’agit de poser quelques divisions ! Si les notes, très basses au commencement, les ont un peu découragés, celles-ci sont finalement remontées et c’est en jubilant qu’ils nous montrent leurs 9 et 10 sur 10. Tous ont fait des progrès notables en dessin et leur niveau nous a impressionnés. L’activité permet de plus aux enfants qui aiment beaucoup dessiner – et qui s’en tenaient jusque-là à un calepin et des crayons de couleur – de découvrir de nouvelles techniques et de bénéficier de conseils en peinture.

Yaoundé Acte 10: la transition

Après un mois de stage à Yaoundé, l’heure du départ a sonné pour le premier groupe de bénévoles. Pour autant, cela ne marque pas la fin du projet. Un deuxième groupe d’étudiants est en effet arrivé dès le 30 juin.

Nous sommes sorties de l’aéroport sous des trombes d’eau caractéristiques de la petite saison des pluies camerounaise. L’intensité de l’orage nous a impressionnées, d’autant plus qu’il transformait la route en gigantesque mare. A travers les vitres de la voiture, nous avons tenté de discerner le paysage sans percevoir clairement la ville.

Nous avons remédié à cela dès le lendemain en parcourant la ville en voiture en compagnie de Maryse – étudiante de SciencesPo originaire de Yaoundé – et de sa mère. Chez elle, nous avons confectionné nos tous premiers beignets-haricots, avant-goût de notre stage à Tchop et Yamo. Nous avons retrouvé les autres bénévoles (rentrant de Kribi) dans la soirée, durant laquelle nous avons pu échanger sur l’expérience passée et à venir. Notre premier contact avec les enfants s’est fait le mercredi à l’occasion des visites aux familles. Nous nous sommes rendues au quartier de la Briquetterie où la plupart de ceux-ci vivent, et les avons tout de suite trouvés attachants.

La véritable transition s’est effectuée le lendemain, lors de la fête de départ du premier groupe organisée au local d’Etoa Meki. Les enfants ont eu droit à un goûter ainsi qu’à des cadeaux comme des ballons, des vêtements ou encore des crayons de couleur. Nous nous sommes ensuite dirigées vers Bastos pour y effectuer nos premières heures de service en salle au restaurant. Notre week-end a été marqué par le passage d’étudiants de SciencesPo en stage à Douala, première ville du Cameroun par sa taille. Nous avons pu comparer nos expériences dans les différentes antennes de Tchop et Yamo.

Notre routine a commencé dès le lundi. Nos matinées se passent avec les enfants qui prennent maintenant des cours de peinture avec Dieudonné, peintre proche de l’association. De 16h à 21h, nous sommes à Tchop et Yamo en salle ou en cuisine. Augustin, le dernier bénévole, nous a rejoint dans la nuit de mercredi à jeudi. Il travaillera également à Tchop et Yamo, mais dans le pôle administratif, étant en cinquième année à Supélec.

Ces premières semaines ont donc été l’occasion de multiples rencontres, départs et arrivées. Nous sommes maintenant trois pour continuer à mener à bien ce projet.

Nina et Laure